L’idée d’ériger la diaspora comme sixième région africaine fait son chemin. Ce concept vise à prendre en considération de façon plus significative de la contribution des enfants de l’Afrique vivant hors du continent en érigeant en région la diaspora au même titre que les cinq régions naturelles du continent que sont l'Afrique du Nord, l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique de l'Est, l'Afrique centrale et l'Afrique australe. Ce concept invite les forces vives de la diaspora à s’organiser pour prendre en main ce projet et l’imposer car c’est l’avenir de tout un continent qui en dépend. S’il est relativement simple d’évaluer le montant des transferts financiers des migrants africains implantés dans les pays occidentaux vers leur pays d’origine, la tâche n’est pas pour autant aisée pour quantifier la contribution de la diaspora dans le développement de l’Afrique. Et pourtant, c’est loin d’être négligeable ! Supposé ou réel, le poids économique et politique de ces fils d’Afrique mériterait bien qu’on s’y attarde. L’industrie des télécoms y trouve une place prépondérante. Le dossier de ce numéro de votre magazine est consacré aux « spécialistes africains des télécoms » de l’occident. Selon la Banque mondiale, les transferts financiers ont atteint près de 232 milliards de dollars en 2005 et au cours des cinq dernières années, la partie de ces flux reçue par les pays en développement a doublé pour atteindre 167 milliards de dollars en 2005, soit 72% de l’ensemble des envois des migrants internationaux. Un rapport récent de la Banque mondiale souligne le poids de la contribution des immigrés africains à travers des initiatives privées (projets de développement privés et investissements directs) dans le développement économique des pays d’origine. Selon l’Office des Migrations Internationales « près de 64 millions d’Africains se trouvent actuellement hors de leur pays d’origine », soit 6% de la population totale du Continent ce qui équivaut au total de population d’Afrique Australe.Pour l’Organisation internationale du travail, « plus de 20 millions de travailleurs africains sont des travailleurs migrants. D’ici 2015, un africain sur dix vivra et travaillera hors de son pays d’origine».
Devant l’ampleur de cet accroissement démographique, une accélération des mouvements des
populations est inévitable et ce d’autant plus que le profil du migrant a changé. Ce n’est plus
seulement le travailleur africain, analphabète et rural qui se déplace. Les femmes, les enfants, les jeunes diplômés et les travailleurs hautement qualifiés donnent une nouvelle configuration à la population migrante, le filtre étant imposé par des réseaux formels et/ou informels dans les pays de départ, de transit et d’accueil. En Europe et en France, en particuliers, ce phénomène est considéré comme étant du pain béni pour faire face au vieillissement de la population. Pour
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